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Tribune : Bonaparte, un philosophe pour les individus du XXIème siècle ?

Cette tribune d'un membre de notre bureau ne reflète pas nécessairement la vision du mouvement. Il n'en reste pas moins que Napoléon Ier est une grande figure française. Contrairement à ce que certains pensent, on ne revient pas sur son histoire. On ne peut pas effacer notre histoire, qui nous éclaire sur notre présent.


Nous vous recommandons de lire cet article de Contrepoints sur Napoléon. Antoine-Baptiste Filippi explique que l'Empereur aurait envisagé l'avènement d'un empire libéral et constitutionnel en 1815. Il dit en effet à Benjamin Constant (un des maitres à penser de notre mouvement) vouloir gouverner en monarque constitutionnel :


"Des élections libres ? Des discussions publiques ? La liberté ? Je veux tout cela… La liberté de la presse surtout, l’étouffer est absurde."


Napoléon Bonaparte, dans les faits, est loin d'avoir été un libéral. Doit-on l'oublier pour autant ? Non. En exil, il prédisait avec une grande justesse le déclenchement d’une nouvelle révolution à l’issue de laquelle « on mettrait sur le trône le duc d’Orléans, il concilierait tous les partis ». Louis-Philippe (un des maitres en application du libéral-conservatisme) au pouvoir, son règne ouvrit une « parenthèse libérale », qui transforma profondément la France.


La réflexion qui suit, de Brice André, membre de notre bureau, concerne la philosophie individuelle.


Aymeric Belaud

Fondateur de Renaissance Libérale-Conservatrice




Il y a 200 ans mourait à Sainte-Hélène Napoléon Bonaparte, général de la révolution, premier consul puis Empereur des Français. Malgré un règne de seulement 16 années, le vainqueur d'Austerlitz n'en finit pas de fasciner partout dans le monde, étant d'ailleurs la personnalité la plus recherchée sur Google après le Christ. Que de chemin parcouru pour ce Corse, Français de justesse, de son enfance à Ajaccio jusqu'à sa dernière demeure sur une autre île perdue dans l'océan Atlantique sud.


Malgré tout, son règne ne cesse de diviser en France. Certains vantent la grandeur et l'apogée de la puissance française lorsque d'autres vont commenter son action avec le prisme d'un esprit étriqué du XXIème siècle, sans hauteur ni distance, et faire de la morale facile sur le nombre de morts pendant les guerres ou sur le rétablissement de l'esclavage (sans jamais préciser d'ailleurs que Napoléon décrètera l'interdiction de la traite et de la vente d'esclave pendant les Cent Jours). Bref, qu'on l'adule ou qu'on le déteste, l'aigle ne laisse personne indifférent.


Or, ce n'est pas un héritage politique ni même une idéologie que nous a légué le grand homme. C'est vrai, comment faire du bonapartisme sans Bonaparte(s) ? Chaque personnage historique et son action est le fruit d'une époque, d'une personnalité et de circonstances qui ne sont pas duplicables dans le temps. Il est absurde aujourd'hui de se revendiquer bonapartiste 150 ans après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III, comme il est tout aussi ridicule de se revendiquer gaulliste 50 ans après la mort du général. D'autant que les plus revendicatifs sont bien souvent les moins fidèles en actes…


C'est donc moins sur le plan politique que philosophique que l'ancien empereur peut nous apporter aujourd'hui. Sa personnalité, son tempérament et son parcours l'ont fait entrer dans la légende universelle. Dans une France et dans une Europe où les jeunes ne rêvent plus, où ils s'enferment dans des mondes virtuels, où les poids de culpabilités écologiques et morales se font sentir de plus en plus par de mauvais génies aux arrière-pensées douteuses, s'inspirer de Napoléon c'est relever la tête, lever les yeux et saisir les rênes de son destin. Enfant, lui-même s'était inspiré des grands hommes de l'Histoire qui l'avaient précédé. Lecteur assidu des grands auteurs antiques tels que Plutarque, Tacite,

Homère et bien d'autres, c'est tout naturellement que la soif d'épopée et de grandeur innerva le jeune Corse qui se rêvait déjà au côté des César et autres Alexandre.


Pourtant, rien ne prédisposait Napoléon a un tel destin. Enfant, il vécu les tourments de son île natale, déchirée entre indépendantistes et pro-France, le mépris et les moqueries sur son accent de la part de ses camarades de classe métropolitains, la perte d'un père alors qu'il n'était encore qu'un adolescent. Plus tard il connaitra la fuite de son île natale en catimini avec sa famille vers le continent, un bref emprisonnement suite à la chute de Robespierre, un renvoi de l'armée et même une situation de quasi misère dans laquelle il passait ses journées à errer dans les rues de Paris. Malgré cela, il ne s'est jamais laissé abattre et a su rebondir en saisissant les opportunités qui se présentaient à lui.


Ne pas baisser les bras, croire en soi, ne pas se dédouaner, ne pas accuser les autres de son propre malheur, se cultiver, avoir de l'ambition et faire preuve de pragmatisme, voilà les leçons que nous enseigne Bonaparte. C'est le philosophe en actes dont la jeunesse a terriblement besoin aujourd'hui.


Brice André

Membre du Bureau de Renaissance Libérale-Conservatrice




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