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Congrès Les Républicains : une chance pour la droite ?

En septembre le parti des Républicains a décidé d’organiser sa primaire sous forme de congrès fermé uniquement aux adhérents du parti permettant d’enfin déclarer un candidat à la présidentielle de 2022 à 5 mois du scrutin si important dans la vie citoyenne française. A la suite de cette annonce du mode de désignation des candidats, le parti passe de 79 000 adhérents à jour de cotisations à 150 000 adhérents au 16 novembre, date limite d’adhésion pour participer au scrutin. Sur la ligne de départ en septembre, 6 candidats à la représentation de la droite républicaine : Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Xavier Bertrand, Denis Payre, Philippe Juvin et Michel Barnier. La seule condition pour se présenter était de rassembler 250 parrainages, à l’issue de cette quête, seul Denis Payre n’a pu rassembler cette somme de soutiens.


Des nuances plus que des programmes opposés


Dans une campagne où un nom et un héritage était sur toutes les lèvres, celui de François Fillon, les différents concurrents avançaient leurs programmes destinés à plaire aux adhérents se réclamant de plus en plus à droite. Cependant, comme beaucoup d’analystes l’attendaient, les candidats se sont droitisés au cours de cette campagne. Les accointances de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand avec Emmanuel Macron semble finies et chaque candidat dévoile son plan pour contrer le Président quasi-candidat.


Ainsi, au détour de chacun des quatre débats organisés par le parti sur différentes chaînes françaises, les candidats dévoilent leurs programmes qui finalement se ressembleront fortement. En effet, à titre d’exemple sur une des mesures phares de la droite, la baisse du nombre de fonctionnaires, chaque candidat y est allé de son chiffre :


On voit donc que peu de différences existent sur cette question et qu’aucun ne se contredit fondamentalement sur la question de la fonction publique et l’essentielle des propositions sont restées sur cette même ligne idéologique.

Pourtant tout était, comme nous le disions, question de nuances. Sur les questions d’immigration les différentes droites confrontaient leur vision, là où Eric Ciotti répétait à chaque réunion publique « Les délinquants étrangers doivent connaître la prison et l’avion » d’autres comme Philippe Juvin, plus modéré prône une refonte de l’espace Schengen.


De plus, bien loin des querelles tant redoutées par la droite remplie des souvenirs de la lutte fratricide de la primaire ouverte de 2016 ou bien même du duel Chirac-Balladur qui avaient tant fracturés et affaiblis la droite à des moments cruciaux pour elle.


C’est ainsi que ce congrès s’est transformé en échange de nuances entre les différentes droites plus qu’un affrontement entre différents candidats représentant leur maison.


Deux droites irréconciliables au sein de la même famille ?


Le congrès devait être, pour bon nombre d’observateurs, un duel entre la droite libérale et la droite conservatrice. Ce duel paraissait sur la ligne de départ se dessiner avec un Michel Barnier avec des positions à la limite du centrisme et un Éric Ciotti dont les accointances avec la droite extrême étaient connues et reconnues.


Ces deux droites sont apparues pendant le congrès relativement soudées alors même qu’elles étaient draguées par LREM/Horizons d’une part et par Zemmour de l’autre. Lors de cette élection à enjeux important, les adhérents LR se sont alors vus imposé un duel interne qui devait se terminer par la défaite d’un des camps et le ralliement de celui-ci à leurs cousins idéologiques respectifs.


Durant les débats, nombre d’auditeurs s’attendaient à voir ces droites se fracturer par envie de spectacle et d’attirer les projecteurs sur tel ou tel mouvance idéologique. Cependant la droite libérale et la droite conservatrice ont réussi, en 4 débats et 2 mois de campagne, d’échanger et partager une vision de ce qu’ils attendaient de la droite.

L’union a bien failli ne durer que le temps de l’élection aux vues des déclaration d’Éric Ciotti moins de 24h après la victoire de Valérie Pécresse en exigeant que ses propositions phares, dont le Guantanamo à la française tant prôné durant le temps de la campagne.



Valérie Pécresse candidate de l’union ?


Valérie Pécresse s’est distinguée durant cette campagne par sa capacité à débattre tout d’abord. Sur la totalité des 4 débats les 2 noms les plus en vues étaient ceux d’Éric Ciotti et de Valérie Pécresse. Mais son programme basé sur la réalité du terrain a su convaincre tout d’abord les électeurs d’Île de France mais aussi dans toutes les fédérations de France. Cette force pour convaincre les électeurs est due à plusieurs dont le premier est, sans aucune contestation, sa reprise des grandes parties du programme de François Fillon qui avait su à rassembler un électorat libéral et conservateur en 2016-2017.


En effet, le programme de Valérie Pécresse est tiré de l’héritage que François Fillon a laissé à la droite. Le grand point de rappel de ce programme est bien évidemment le baisse du nombre de fonctionnaires, Fillon en proposait 500 000 alors que Pécresse, bien que favorable à une forte baisse ne propose quant à elle « que » 200 000 postes en moins dans la fonction publique, chiffre qu’elle a ramené à 150 000 après son élection au congrès. La réduction de la dette publique est aussi un gouvernail qui aura guidé François Fillon et qui guide désormais Valérie Pécresse. Ainsi, la candidate LR entend alors réduire la dette de 45 milliards en réduisant la dépense publique et vendant les actions minoritaires dans les entreprises évoluant dans des secteurs concurrentiels.


Quant à la question du conservatisme, Pécresse prévoit de relancer la natalité en France en augmentant les allocations familiales et en les généralisant dès le premier enfant. Concernant l’éducation la candidate de la droite républicaine souhaite augmenter le nombre d’heures de français et de mathématiques dans le début de scolarité de chaque élève afin de faciliter l’apprentissage des fondamentaux. Enfin, elle propose la création d’un conseil des droits et de la famille dans chaque ville de plus de 15 000 habitants afin de pouvoir sanctionner les parents défaillants via la suspension des allocations familiales.


Valérie Pécresse apparaît donc comme la candidate capable de rassembler un électorat à même de faire un compromis entre libéralisme économique et conservatisme sur les valeurs sociales. Sa reprise du programme de François Fillon fait d’elle l’héritière de la vision libérale-conservatrice qui avait permis à Fillon de rassembler le peuple de droite derrière sa candidature et lui avait fait entrevoir, avant ses affaires judiciaires, la chance de devenir président de la République.




Hugo Spring-Ragain

Membre du bureau de Renaissance Libérale-Conservatrice





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